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Ce que mon Erasmus Ă  Vigo m’a donnĂ©

J’ai passĂ© la fin de mon annĂ©e 2025 Ă  Vigo, en Galice, province espagnole situĂ©e juste au-dessus du Portugal. C’était un voyage plus qu’enrichissant ! Entre introspection, apprentissage accrue de l’espagnol et machines Ă  Ă©tats finis, je me dois de partager ce que j’ai vĂ©cu.

Et pour commencer, un paysage de nuit :

Paysage de nuit

L’Espagne

Ce ne sera pas une surprise pour grand monde, mais l’Espagne n’est pas trĂšs Ă©loignĂ©e de la France. Suffisamment pour que des gens pensent que la Galice fait partie du Portugal, mais pas assez pour que la majoritĂ© pense que c’est un pays du Mercosur.

Et pourtant, la culture y est bien diffĂ©rente. Bien sĂ»r, on est tous en Europe amĂ©ricanisĂ©s Ă  un certain degrĂ©. Mais au plus profond, dans la maniĂšre qu’ont les gens de s’exprimer : les expressions, les acquis culturels et autres pĂ©riphrases ; eh bien l’on sent la sĂ©paration nette entre les deux pays. Et cette diffĂ©rence culturelle, elle est Ă  l’origine de deux phĂ©nomĂšnes qui m’ont suivi tout au long du voyage :

La méditation constante

C’est ici un clichĂ© de dĂ©veloppement personnel, mais un point trĂšs intĂ©ressant. En effet, on est tous constamment happĂ©s par la vie qui suit son court Ă  une vitesse folle. Le constant divertissement n’aidant pas, souvent, on dĂ©laisse un peu l’introspection au profit “d’ĂȘtre diverti” comme Ă©tat de base. Or, quand vous dĂ©cidez d’explorer un peu cette nouvelle terre temporaire plutĂŽt que de dĂ©filer du contenu Ă  l’intĂ©rĂȘt douteux, il n’y a alors pas d’autres choix que de laisser vagabonder diverses pensĂ©es dans son esprit.

Il y a un phĂ©nomĂšne que je ne saurai trop expliquer : je n’ai pas d’autres choix que de comprendre le français. C’est contre ma volontĂ©, mais c’est comme ça. L’espagnol, lui, nĂ©cessite un effort de concentration pour ĂȘtre intelligible quand on n’est pas natif. Sans français autours de moi, impossible d’ancrer involontairement mon cerveau sur les conversations indiscrĂštes des autres. J’en suis alors isolĂ© parce que mon fainĂ©ant de cerveau prĂ©fĂšre vagabonder avec le connu (les idĂ©es en français) plutĂŽt que de faire l’effort Ă©norme de comprendre “Hola, que tal”.

Par consĂ©quent, l’état de base n’est plus diverti, mais isolĂ© et en introspection constante. Et lĂ , dĂ©ferlement d’idĂ©es allant du douteux au viable. Un exemple tout bĂȘte : mon Ă©tĂ©, je l’ai passĂ© Ă  dĂ©velopper un projet, et en mĂȘme temps, travailler sur le bar ambulant avec des amis. Mon organisation a Ă©tĂ© catastrophique, et jamais ces deux tĂąches exigeantes ne devaient se retrouver sur le mĂȘme laps de temps. RĂ©sultat : j’ai dĂ» faire le choix d’abandonner les copains pour ne pas lĂącher l’équipe de Polytech Services Nancy. C’est entendable, critiquable, mais surtout matiĂšre Ă  rĂ©flexion. Avec le flux constant d’informations, j’aurais pu facilement passer Ă  cĂŽtĂ©, l’oublier, voir rejeter la faute sur on ne sait qui. Pas lĂ  ! J’ai pu voir mon manque d’organisation, ainsi que le manque de vision et de prĂ©paration qu’on avait collectivement au Bar-Truck.

Bref, c’est une expĂ©rience Ă  vivre pour remettre un peu d’ordre et de clartĂ© mentale, qui est Ă  peu prĂšs aussi efficace qu’écrire chaque jour dans un journal, mais plus enrichissante sur les aspects culturels.

Ah, et une autre richesse propre Ă  Vigo, c’est les tapis roulants dans des endroits alĂ©atoires de la ville :

Paysage de nuit

Le changement de vision

Et parlons en de la culture !

Certes, il y a les repas (j’ai dĂ©vorĂ© pas mal d’ “empanadillas de bacalao”, c’est comme un chausson aux pommes, mais avec de la morue Ă  la place de la compote et une pĂąte classique Ă  la place de la feuilletĂ©e). Mais Ă  mon sens, ce n’est pas le plus intĂ©ressant !

Bon, pour remettre un peu de contexte, ce voyage, c’est un peu un Ă©chec linguistique officiellement. En effet, Ă  la fin du lycĂ©e, j’étais supposĂ© avoir officiellement un niveau B1. Et Ă  la fin de ce voyage, je repars avec un niveau
 B1 ! Pourtant, la progression est plus que stratosphĂ©rique entre dĂ©cembre 2026 et fĂ©vrier 2026, moment oĂč je me suis remis Ă  l’espagnol de zĂ©ro (speedrun Duolingo). Je suis passĂ© d’avoir “Sí” comme unique mot de vocabulaire Ă  ĂȘtre capable de parler de tout et de rien avec les autres.

Aussi, passer un examen qui dĂ©cidera de son avenir, ça aide un peu Ă  s’intĂ©resser Ă  l’espagnol, surtout quand le sujet est rĂ©digĂ© en galicien et que le contenu porte sur de l’électronique et de l’électromagnĂ©tisme. Mais au final, c’est davantage la volontĂ© de parler aux autres qui pousse rĂ©ellement Ă  s’intĂ©resser Ă  l’expression. Ça, et l’insupportable idĂ©e d’ĂȘtre limitĂ© dans ses idĂ©es.

C’est vraiment dans la langue qu’on trouve toute la richesse de l’Espagne, et je ne saurais trop comment l’exprimer. La seule chose que je peux ajouter, c’est une invitation à apprendre l’espagnol !

L’UniversitĂ©

Bon, dans Erasmus, il y a le cĂŽtĂ© Érasme de Rotterdam qui part visiter une autre contrĂ©e, mais il y a aussi et essentiellement le cĂŽtĂ© Érasme en lui-mĂȘme. Le savoir et la connaissance donc.

L’ambiance Ă  l’universitĂ© de Vigo

Je ne vais pas parler de la structure de l’universitĂ©, parce que ce n’est globalement pas intĂ©ressant. Ce qui est plus captivant en revanche, c’est l’ambiance.

En effet, je suis passĂ© d’un monde Ă  un autre
 J’ai l’impression que chaque universitĂ© Ă  un peu une essence propre qui la rend unique et digne d’intĂ©rĂȘt. On pourrait mĂȘme rĂ©duire ce champ aux diffĂ©rentes composantes des universitĂ©s. Si je devais comparer Polytech Nancy et la Escuela de Ingenieria Industrial (École d’ingĂ©nierie industrielle, EEI), je dirais que :

En rĂ©sumĂ©, le mot d’ordre de Polytech, se serait “ExpĂ©rimente !” alors que celui de la EEI serait “Apprends !”.

Les cours

Une autre diffĂ©rence majeure est que l’école d’ingĂ©nierie industrielle de Vigo met le focus sur
 l’ingĂ©nierie industrielle (imprĂ©visible). Ceci se reflĂšte dans toutes les disciplines. Alors qu’en France, l’amour pour les mathĂ©matiques nous poussent Ă  garder une certaine rigueur, lĂ -bas, ils ont dĂ©cidĂ© de faire un autodafĂ© avec les travaux d’Euler et de Gauss. Ça a l’avantage d’orienter les cours sur l’application thĂ©orique dans un milieu industriel des notions enseignĂ©es, mais Ă  l’inverse l’énorme dĂ©savantage de facilement perdre un grand nombre lors des explications

Les protocoles de communication industrielle

MQTT, I/O Device, Profinet, etc. Tous ces noms cryptiques, je les ai vus pour la premiÚre fois lors de cette expérience. Dans un premier temps à travers le cours de Redes de Comunicación Industrial (réseaux de communication industrielle), et au final, dans presque toutes les matiÚres.

Ces protocoles sont omniprĂ©sents dans une chaĂźne de production. On en a constamment besoin, que ça soit pour commander un bras robotisĂ© depuis un PLC, ou crĂ©er des interactions entre deux PLC. J’ai trouvĂ© l’approche transversale trĂšs intĂ©ressante, car elle permet de voir Ă  chaque fois un cas d’application diffĂ©rents des prĂ©cĂ©dents, le tout, dans un environnement de programmation diffĂ©rent.

Les machines à états finis

Autres gros morceaux prĂ©sents un peu partout : les machines Ă  Ă©tats finis (MEF). Besoin de faire sortir un robot d’un labyrinthe : MEF ! Il faut percer un trou avec un automate : MEF ! On doit programmer un prototype de chaĂźne de production : MEF ! La liste pourrait ĂȘtre encore longue des applications possibles et j’ai prĂ©fĂ©rĂ© me concentrer sur les cas d’usages que j’ai eu Ă  utiliser sur place. Tout ça pour dire que ce qui m’apparaissait comme obscure au dĂ©part lorsque l’on voyait les GRAFCET en premiĂšre annĂ©e de cycle ingĂ©nieur, s’est avĂ©rĂ©e ĂȘtre une des compĂ©tences les plus utiles et sous cotĂ©e que j’ai eu Ă  appliquer.

Conclusion

L’Erasmus m’a ouvert des perspectives qui m’étaient inaccessibles auparavant et j’encourage tous ceux qui en ont la possibilitĂ© de tenter l’expĂ©rience. Certains diront que je n’ai pas assez profitĂ© du lieu parce que je n’ai pas fait le tour des boĂźtes de Vigo (les soirĂ©es commencent Ă  1h du matin, je n’ai Ă©trangement pas envie de me pointer Ă  l’heure oĂč je pars normalement). Mon Ăąme, mon cƓur et mon esprit sont satisfaits de ces pĂ©ripĂ©ties, donc je peux annoncer que c’est une victoire, du moins, jusqu’aux examens en janvier